Quatre strip-teaseuses interrogent la présence d'hommes fréquentant des théâtres érotiques : assis dans l'ombre, qui sont-ils, que viennent-ils chercher, comment regardent-ils et que laissent-ils paraître d'eux-mêmes ? À partir de leurs propres témoignages, les interprètes redonnent corps à ces figures masculines en captant leurs postures, leurs gestes, leurs paroles et leurs silences.
Je veux juste vous regarder renverse le regard et fait émerger des désirs inavoués, des vulnérabilités masculines rarement autorisées et une exploration du genre au-delà des normes. La pièce révèle le travail de ces strip-teaseuses dans toute sa complexité : non seulement lié à la sexualité, mais aussi comme espace social, de soin, d’écoute et de revalorisation. Entre théâtre documentaire, strip-tease, danse contemporaine et installation, ce spectacle met en miroir deux vulnérabilités : celles de strip-teaseuses avec celles de leurs clients.
En 1933, Édouard Herriot, grande figure politique de la IIIe République, est invité par Staline en Ukraine. Officiellement, il s’agit de saluer les succès de la collectivisation et de consolider les relations franco-soviétiques. Mais derrière cette visite soigneusement orchestrée se cache une réalité tragique : l’Holodomor, la grande famine ukrainienne, qui a coûté la vie à plusieurs millions de personnes. Une mise en scène redoutablement efficace. Un aveuglement. Une vérité étouffée.
La pièce nous transporte en 1957, dans un hôpital lyonnais où Herriot est soigné. À travers l’enquête menée par une infirmière et une journaliste, le spectacle explore les mécanismes qui nous amènent à regarder sans voir, à nier l’évidence et à devenir les victimes de manipulations et de fausses informations. Un texte fort, porté par une interprétation remarquable, qui mêle gravité et touches d’humour, et dont la résonance avec notre époque est particulièrement saisissante.
Je suis actuellement sur Terre, quelque part, au-delà du 78° Nord. Par là. Je me suis perdue. Je suis là, à chercher ce qui reste de notre lien au vivant, au milieu de la glace. Il y a une autre voix, un homme, englué dans ses routines, coincé dans les murs de son petit appartement. Il me cherche. Je l’entends m’appeler.
Qaqortoq est un spectacle immersif au casque, entre surréalisme et réalité. Une traversée poétique face aux dérèglements climatiques, pour raviver l’imaginaire, bousculer nos certitudes et interroger nos réalités.
865 lettres. C’est ce que nous avons de l’histoire d’amour entre Albert Camus et Maria Casarès, se déroulant entre 1944 et 1959. 865 lettres, et 1 440 pages en édition poche. C’est dense. Mais ces lettres ne sont que des traces, des sortes d’indices documentant leur relation. Dans l’une d’elles, Maria Casarès écrit : « J’attends le miracle toujours renouvelé de ta présence » ; cela devient le titre du spectacle. Ponctué d’extraits de l’autobiographie Résidente Privilégiée, dans laquelle Maria Casarès revient sur sa rencontre avec Albert et des événements marquants leur rencontre, sa mort, ce spectacle explore une relation intime. Cette relation, a priori compliquée, se nourrit de l’absence, de la non-possessivité et de la non-exclusivité : Maria prend le risque de choisir la liberté. Ces lettres interrogent constamment la possibilité d’un amour absolu, les sacrifices proposés, les concessions nécessaires. C’est Albert et Maria. Cela pourrait être n’importe qui, potentiellement.
Dans le spectacle, les espaces et les paroles se mêlent et s’entrecroisent. Les mots résonnent, l’intimité exulte : celle d’Albert et Maria, mais aussi celle des personnages sur scène, celles des acteurs peut-être ? Le public, quant à lui, se trouve désorienté, confus, poussé à revivre ses propres souvenirs, ses propres émotions.
Crypta est une quête. Une quête de mémoire, une quête de reconstruction. Comment pourrions-nous reconstruire la mémoire ? Il y a celle dont nous héritons malgré nous, la mémoire transgénérationnelle, la mémoire cellulaire qui se transmet in utero et, il y a la mémoire que l’on se choisit.
Dans nostalgie de la lumière, documentaire de Patricio Gùzman, la quête est très concrète, les femmes qui ont perdu leurs proches durant la dictature de Pinochet passent des jours entiers à chercher les os de leurs morts avec une petite pelle dans l’immense désert d’Atacama. Reconstituer le squelette permettrait alors de reconstituer la mémoire ?
Conserver, préserver, reconstituer… rendre vivant ce qui n’est plus. Observer le vide, l’absence. Sur le plan transgénérationnel, la mémoire est mystérieuse, parfois indéchiffrable et pourtant omniprésente et constitutive.
Sur le plateau, un danseur, une comédienne et une matière mouvante pour traverser ensemble une quête individuelle et collective. Relier le passé au présent et imaginer notre existence dans ce cycle éternel. L’exploration par le biais des mots, des gestes, de la matière et de son évolution constitue le cœur de notre recherche. Questionner pour construire, pour se construire et s’émanciper de l’héritage encrypté. Libérer et récolter une mémoire nouvelle qui définit la place que l’on se choisit.
SICILE et BOHEME, deux empires du monde de la mode. Leurs deux rois, amis d’enfance, se retrouvent à l’occasion de la fashionweek pour célébrer la nouvelle collection. La soirée va très vite dégénérer et sombrer dans une toute autre ambiance.
Léontes, roi de Sicile est pris d’une sévère crise de jalousie, impliquant Hermione sa femme, et Polyxène roi de l’empire de Bohème. La conséquence est lourde. C’est un couple, des amitiés, un empire qui va être détruit.
Et si la vie défilait sous nos yeux aussi rapidement qu’une soirée ? Tout est relatif, mais le temps perdu est bien réel. Alors, conte ou décompte ?